Voila après une putain de traversée du desert, revoila le scribouillard ! 

Dernière nouvelle ! 

TOYBOY.

 

- Tu es vraiment un planqué !

 

Si seulement …

 

Lire correctement les énoncés c’est vraiment important !

Déjà les profs me balançaient ce genre de rengaine à l’époque du lycée.

C’est l’histoire d’un tocard qui ne prend pas le temps de lire correctement un papelard, qui le signe sans réfléchir, pour au final se taper deux mois de plus !

La saloperie de loi karmique.

 

On va passer sur la causalité, celle qui envoie mon cul dans un camp disciplinaire, pour se concentrer sur l’essentiel.

Putain je vais faire mon service militaire !

J’ai toujours cru que ça allait passer à la trappe cette histoire, mais après les «  trois jours » j’ai su que c’était plié, j’allais devoir remiser ma cervelle au placard pendant un an.

 

Un mois.

 

Cela fait plus de trente jours que je suis dans le ventre mou de la France, à effectuer ce que l’on nomme communément « les classes ».

Le camp de la Martinerie est basé à Châteauroux, un seul truc me fait marrer avec ce bled qui a vu naitre notre « Gégé » national, son gentilé : les Castelroussins !

Ici on court, on braille, parfois les deux en même temps, j’apprends à manipuler une arme de guerre, qui selon les dires du chef n’a pas été créée pour tuer.

Après quelques tests passés en compagnie du docteur « maboul », on me signifie que je pourrais faire carrière, là tu te dis que soit tu es vraiment aux portes de l’enfer, soit le type est un vrai charlot.

Je l’envoie allègrement chier dans un premier temps.

Un ancien (qui est là depuis trois mois) me fait remarquer que d’être (un peu) gradé, m’octroiera quelques privilèges, pour la faire courte, au lieu de récurer les chiottes à la brosse à dent, j’enverrais un autre le faire, le choix est facile, donc je revoie ma copie et accepte d’écouter ce qu’ils ont à me proposer.

J’intègre donc le P.E.G., le peloton d’élèves gradés, sur le papier le seul truc qui change, c’est qu’au lieu d’être entouré d’une bande de connard qui s’assume, je dois composer avec un troupeau de pseudo-intellos prêt à partir la fleur au fusil, se faire trouer pour un drapeau, bouffer de la merde et en redemander, leur idole c’est John Rambo, moi ça serait plutôt « le big Lebowski ».

Assis sur ma couche dans mes nouveaux appartements j’attends le sergent-instructeur, le bruit de ses rangers claquent dans le couloir, ça doit être lui, à moins que ce soit l’ankou.

En acceptant de devenir un soldat modèle, je me suis ajouté un mois de plus dans cette caserne de mes deux.

Pendant les cours, le plus difficile est de ne pas s’endormir !

Les différents intervenants tentent de nous farcir le crâne avec tout un tas d’inepties patriotiques à la con, mais qui peut réellement gober ce genre de conneries ?

Bah, la plupart apparemment !

Ça c’est le matin, après la bouffe, on nous inculque les rudiments pour devenir un bon chefaillon de base, mais si,vous savez bien, celui qui a une once de pouvoir et se prend pour dieu, vous avez tous connus ce genre de trouduc, que ce soit à votre job ou même à l’école, la seul différence avec celui-ci c’est qu’il est armé.

Une bande de sous-fifres est mis à notre disposition pour l’occase.

Il faut savoir leur gueuler dessus, qu’ils sachent se mettre en rang dans un temps record, et surtout marcher au pas comme des robots.

La dernière semaine pointe le bout de son nez, si mes calculs sont exacts j’ai suffisamment fait semblant pour que ces pébrons me refile un grade.

Donc après une cérémonie aussi soporifique qu’inutile me voi bombardé caporal.

Je choisis ce moment précis pour choper la pire crève de ma vie.

Résultat, alors que tous ceux de mon contingent ont foutu le camp la veille, je suis bloqué à l’infirmerie avec 39°C de fièvre.

Je ne pourrais regagner ma nouvelle affectation qu’une fois remis sur pied et que le toubib de service m’y autorise.

 

Pour passer le temps je ne vais pas vous raconter l’épisode tragi-comique, ou un sergent recruteur me demande si j’ai une préférence géographique plus ou moins précise j’aimerais purger le reste de ma peine.

Dans un élan empreint d’espoir, de candeur je lui balance :

- euh … près de chez moi, je suis de la région parisienne …

Il sourit, éclate de rire, tourne les pages de ce qui semble être mon dossier, puis se met à griffonner sur le bas d’une page.

«  9ème R.S.A.M. Phalsbourg »

Jamais entendu parler de ce bled, mais il flaire la choucroute et les bretzels.

Effectivement j’avais visé juste il se trouve en Moselle dans ce que l’on nomme maintenant la région « Grand-est » (quel dénomination à la con …).

Le truc le plus chiant, il n’y a pas ( à l’époque!) de TGV Est, donc c’est le train-corail qui trainera mon cul vers ces anciennes provinces prussiennes, 5 heures pour rallier Strasbourg de Paris.

 

Un bruit sourd me réveille, un œil sur ma tocante.

- Merde il y en a qui essaie de ronquer bordel, il est quatre heure du mat !

J’entends un des infirmiers qui explique à un de ses collègues qu’un gus de ma compagnie doit arriver, il aurait d’après lui fait une crise de tétanie.

Je me demande qui cela peut être, surtout pourquoi ce crétin ne s’est pas tiré avec le reste de la section.

La porte s’ouvre bruyamment, sur un brancard est affalé ce trimard d’Anthony, un baltringue qui n’a pas arrêté de me prendre la tête pendant le premier mois, quand j’étais encore avec « les droits communs ».

Pas méchant, mais il doit avoir le QI d’une huitre mâle, il déblatérait des trucs incohérents dont tout le monde s’en branlait à longueur de temps.

Notre chef de section nous avais surnommé blanche-neige et les sept nains attardés, j’avais hérité de grincheux, la tête d’ardoise qui venait d’arriver était naturellement simplet. Nous étions huit, donc tu te demandes qui a eu l’immense honneur d’incarner la donzelle ?

Ce n’est pas très compliqué à deviner, le sergent-chef est l’archétype du sale con, raciste, misogyne, vu que l’on était sept blancs pour un noir …

Ils installent simplet sur le pageot d’à côté.

Deux heures plus tard je me réveille en sursaut avec une désagréable sensation d’être observé.

En me retournant je vois les yeux de chihuahua en rut de mon voisin de chambrée rivés sur moi.

- Quoi ?

- Rien je me demande ce que tu fous là …

- Je te retourne la question Einstein, tu n’es pas censé avoir décar avec le reste des autres glandus ?

- En fait comme je suis le chauffeur du commandant, mon remplaçant n’est pas encore …

- Ça va j’ai pigé !

- Il t’envoie après ?

Pas de réponse.

- Alors ?

- Phalsbourg 9ème RSAM.

- Ok ok …

- Tu ne me demandes pas il m’envoie ?

- Non.

- Bah pourquoi ?

- Laisse-moi réfléchir … ah oui c’est surement que j’en ai rien à foutre !

- Je suis affecté au 1er RI de Sarrebourg.

- Voilà comme je te disais j’en ai rien à carrer !

Je plaque mon oreiller sur ma tête histoire de dormir un peu, de ne plus entendre l’autre demeuré congénital.

Putain que ma fièvre disparaisse rapidement !

 

Je frappe.

 

-Entrez !

 

Une fois à l’intérieur je me lance dans un ballet ridicule qui consiste à saluer un étendard, se retourner, réitérer l’opération mais cette fois ci en direction du capitaine, enfin attendre droit comme un piquet que le dit gradé dédaigne me donner l’autorisation de moufter, tout cela bien sûr en braillant son blase, grade, compagnie et autres.

 

- Repos !

L’entretien fut bref.

Le dernier arrivé est toujours le moins bien servi.

Dans mon cas je n’ai pas trop à me plaindre, même si je dois l’admettre qu’il a eu un mal fou à me caser.

Je dois être le seul dans mon contingent qui ait le privilège de travailler à mi-temps,

Je partage donc ma sagesse ainsi que ma pugnacité légendaire entre l’armurerie et le centre de communication.

Pour la faire courte, je peux pioncer le matin après avoir vérifié que personne ne s’est barré avec un flingue dans la nuit.

Puis dans l’après-midi, je suis attaché à une burlingue je dois m’échiner sur une machine pour pondre des rapports le plus souvent factices pour le canard de l’armée, ce bel outil de propagande si utile en temps de guerre pour se foutre la populace dans la poche.

Tout aurait pu continuer ainsi, me la couler douce jusqu’à ce qu’on me libère de mes obligations, comme le bon planqué que je suis, dixit le paternel.

Mais un enfoiré d’adjudant-chef en a décidé autrement, cet événement m’amena à faire un choix.

 

Souvent j’échange mes week-ends de garde avec mes partenaires de glisse contre des cartouches de clopes, ça permet d’entretenir son cancer à l’œil, car comme tu l’imagines ce n’est pas dans l’armée que tu vas faire fortune.

Tous les jeudis soirs j’appelle au « pays » histoire de me tenir au jus des derniers potins, je veux surtout savoir si il y a une sauterie d’organisée le samedi soir.

La plupart du temps mes branleurs de copains (n’a-t-on pas les amis que l’on mérite?) se décident à la dernière minute !

Cette fois-ci je suis de permanence armurerie, je dis plus haut que fric ne rime pas avec service militaire, il faut admettre que si je devais être payé en fonction du boulot que j’abats, je crois bien que je leur devrais un bon paquet de pognon au final !

3 h du mat …

- Caporal !

- Caporal !

J’ouvre un œil.

- Quoi ? Les allemands ont franchis la ligne Maginot ?

Parfois je m’égare, en oubliant que je suis entouré que de futurs prix Nobel.

- En fait non, il y le colonel à la porte.

J’ai faillis lui demander si c’était le colonel « klink », mais je suis quasiment sur que « neuneu » n’a jamais vu « papa Schultz ! » (ah toi non plus?).

Je saute dans mes tongs de combat, me défroisse la tronche au cas « neuneu » n’a pas eu une hallucination et qu’effectivement c’est bien le chef de corps qui poireaute devant l’armurerie.

J’arrive devant le visiophone.

Bon, c’est bien le colon, deux questions me taraudent.

Premièrement que fout-il à cette heure, l’air défoncé à matraquer la sonnette ?

Secundo, qui sont les deux pingouins qui l’accompagnent, putain je crois bien avoir vu trois étoile sur le béret de l’un deux.

Je me lance.

- Mes devoirs mon colonel.

- Ah, et bien ce n’est pas trop tôt ! Ouvrez la porte fiston !

- Euh...ouais, mais je vais vous demandez de me présenter votre carte d’accréditation.

- Hein ? Quoi ?

Ok ils sont tous les trois blindés.

- Votre carte, celle qui …

- Oui, je sais encore ce qu’est une carte d’acrédi… ta...té (il ne réussira pas à le dire!)

- Super ! Donc passer la devant la caméra.

- Mais tu m’emmerdes, je ne sais pasje ...enfin ...je … mais tu sais qui je suis bordel !?

 

Bon le sketch dure une demi-heure.

Pour une fois dans ma vie je décide de ne pas transgresser les règles…

 

Le lendemain matin je suis dans le bureau du pit.

Le colon avait picolé avec des collègues, puis il s’est dit que ça serait marrant de leur faire visiter la nouvelle armurerie comme ça en pleine nuit.

Moi, j’ai respecté le règlement, même si le président de la république se pointe sans sa carte, je me dois de le refouler, comme le videur de ces discothèques qui un samedi sur deux nous recale du fait que nous ne sommes pas accompagné de nanas !

Je vois bien qu’il a le cul entre deux chaises.

Je ne lui en veux pas, même quand il m’annonce que je suis transféré dans un autre service.

Ma nouvelle affectation va me permettre de découvrir les joies du plein air, du lundi au vendredi je serais en manœuvre, à crapahuter toute la sainte journée.

En fait si j’avais su tout cela avant, j’aurais laissé le colon et ses potes bourrés faire la fête dans l’armurerie, finalement ce n’est pas comme si j’en avais quelque-chose à foutre !

 

Le lendemain, je suis prêt, pour bouffer de la marche dans ces putains de forêts franco-allemandes jusqu’à la fin de mon service, quand mon sergent-chef se pointe.

- Alors tu as eu une sacré promotion à ce qu’on m’a dit.

C’est le genre de tirade qui d’ordinaire me fait marrer, sauf que là ...il s’agit de ma pomme.

- Ouais, euh, je suis déjà à la bourre donc …

- Tu peux passer me voir avant de partir ?

- Oui bien sûr chef ! (comme si je pouvais l’envoyer chier!).

 

Assis en face de lui je me demande bien ce qu’il va me raconter.

- Comme tu dois le savoir, je pars en mission extérieur dans quarante-huit heures.

- Génial et ?

- En fait j’aurais pensé que tu ...enfin voudrais-tu toi aussi en être ?

- Quoi ? Euh on se calme, déjà quand vous dîtes extérieur … ?

- Sarajevo.

- Il y a un bled qui s’appelle Sarajevo en France ? Car l’autre se situe en Yougoslavie, qui est en ...guerre si je ne m’abuse.

- Oui c’est bien là, nous ferions parti des casques bleus de l’ONU.

 

PAUSE

 

Alors là je suis sûr que tu penses que je vais me lever pour me tirer en quatrième vitesse, vu que je suis déjà à la bourre ?

 

Pour mon baptême de l’air, j’aurais préféré que ce soit en première classe, à siroter du champagne en destination d’une ile paradisiaque, plutôt que dans un avion-cargo avec trente autres mecs.

 

-Welcome in Sarajevo !

 

Tiens j’étais persuadé qu’enfer se disais « HELL » en anglais…

La nuit tous les chars sont gris.

La lueur de l’astre solaire nous révèle un paysage apocalyptique, ça pue la mort et le chaos.

Je n’arrive pas à me concentrer tellement ce décor me parait irréel, je vais me réveiller, c’est un putain de cauchemar !

 

Un mois dans ce merdier c’est dix ans ailleurs, ma tête tourne, je titube, un bruit assourdissant me contraint à poser les mains sur mes oreilles, mon âme absorbe tout le mal de ce monde, elle ne pourra pas le contenir !

  • Oh … tu te réveilles !

La voix de mon sergent-chef me sort de cette torpeur.

  • Ouais c’est bon je suis .

Notre mission est plus humanitaire qu’autre chose, nous n’avons même pas le droit de porter une arme.

La consigne est la même qu’à la maison, toujours se trimballer avec son binôme, en clair j’ai de grande chance de me coltiner un glandu, qui risque par-dessus le marché de ne pas causer la même langue que moi !

Bingo !

Mon ombre se nomme Kyrie machin truc, comme tout bon amerloque, au cas il aurait un trou de mémoire, il a inscrit sur son casque l’endroit d’ il vient.

« Cleveland- Ohio »

Imaginez le même rituel chez nous « Montcuq- lot » ou « Marly-Gaumont-picardie » ça fait tout de suite moins glamour !

 

Bon pour une meilleur compréhension, vu que mes talents linguistiques sont quasi-inexistant, on va imaginer que l’on est dans un bon film de science-fiction, derrière le crâne on nous aurait greffé un de ces traducteurs universels, ainsi nous pouvons converser comme si l’on parlait tous le même langage, ok ? Bon, reprenons.

 

  • Salut moi c’est Kyrie, toi c’est ?

Comme je n’ai pas envie que le ricain passe son temps à écorcher mon prénom je lui refile mon surnom.

  • Buzz, tu sais comme ton compatriote qui est censé avoir posé le pied sur la lune.

  • Ah ouais moi je pensais plus à Toy-story mais bon.

 

Donc ce sont les aventures de Kyrie et buzz, buzz et Kyrie.

Deux p’tits bidasses aux services des plus démunis, de ceux qui ont tout perdu, sacrifiés sur l’autel de la folie des hommes.

J’entends très souvent :

  • Tiens c’est une bonne guerre qu’il nous faudrait !

Une putain d’oxymore ouais !

Aucun mot ne peut, ne doit être assoc à celui-ci.

Buzz et Kyrie, sillonnent les plaines dévastées de la banlieue de Sarajevo.

Une ville jadis, si merveilleuse, un joyau des Balkans qui n’est plus que ruine, l’antichambre de l’enfer sur terre.

Comme à l’accoutumé ce sont les civils qui paient le prix fort.

 

Le matin quand les camions arrivent, les gens avancent prudemment, méfiant quand il s’agit de véhicules militaires, les alliés d’aujourd’hui deviendront peut-être les ennemis de demain.

Comment le leur reprocher ?

Nous distribuons des vivres, de l’eau, des vêtements, des denrées de première nécessité.

 

  • Tu sais Kyrie il y a quelque chose qui me chiffonne.

  • Sans blague ? Tu veux dire plus que d’habitude ?

  • Ouais, dans ce merdier, il y a aussi des enfants, ils ont besoin de s’amuser, besoin de jouer…

  • Oui c’est sûr, mais je ne pense que ce soit la priorité de notre état-major.

  • Je les emmerde, je vais introduire une demande, de toute façon cela ne coute que dalle d’essayer, on verra bien.

 

Pendant un mois j’ai envoyé chaque jour une lettre dans tous les différents services que comporte ma hiérarchie, avec le candide espoir que l’un d’eux accède à ma requête.

Je leur demandais d’intégrer au colis des jouets, petites voitures, poupées, ballons…

Chaque journée j’attendais une réponse.

Chaque journée j’envoyais une missive.

 

 

Demain c’est mon dernier jour, mon service s’achève.

Ce soir Kyrie a organisé une petite fête.

Il nous sert un de ses torts boyaux de contrebande, il est tellement fort, tellement dégueulasse que je suis sûr qu’il peut nous dépanner au casnous tomberions en rade d’essence avec la jeep.

Je suis heureux de rentrer.

J’ai un regret, je n’ai pas réussi à rendre ne serait-ce qu’une minute le sourire à tous ces enfants, otages de cette folie d’adulte.

 

Un officier de la police militaire m’attend devant la tente de commandement, il doit me déposer au pied de l’oiseau de fer qui va me ramener en zone libre.

Je suis assis sur mon sac paquetage, quand la grande carcasse de Kyrie me fait de l’ombre.

 

  • Putain ça fait une plombe que je te cherche ! Il faut que tu vois ça !

  • Quoi ?

  • Suis moi je te dis!

Nous sommes au cul d’un appareil qui viens d’atterrir, un manut décharge les palettes une par une.

  • Matte un peu la dernière ligne me dit Kyrie en me remettant le formulaire de réception.

  • Putain de bordel de merde.

Je cours chopper un chariot élévateur, grimpe à bord du cargo à la recherche de la palette numéro B87543.

Plus de Quarante-cinq foutu lettres il aura fallu pour qu’ils examinent ma demande.

Je la descends sur le tarmac, découpe le film, charge les colis dans le premier camion que je trouve.

Je fais signe à mon binôme de prendre le volant.

  • Mais il n’est pas rempli …

  • Allez fait pas chier c’est ma dernière chance !

Il accepte non sans pester.

Nous voi sur l’aire de déchargement, je saute limite en marche, choppe un planton, lui donne l’ordre de passer le mot auprès de la population en lui précisant la nature particulière de ces colis.

J’éventre les cartons un par un, des voitures, des ballons, des poupées, il y a même une radio-cd !

Je suis tellement concentré que je ne me rends pas compte qu’un bon nombre d’enfant c’est massé devant le camion.

Kyrie siffle.

  • Regarde !

 

Ce sourire, putain c’est ce sourire…

La distribution fait de moi le père Noël !

Une petite fille me regarde avec ses yeux bleus délavés, comme si elle pouvait encore rêver.

Je lui tends une poupée.

Elle l’attrape délicatement, la serre contre son cœur, puis elle s’approche de moi, elle me susurre:

  • Thanks you Toy-boy.

 

FIN

 

Sébastien.